Distribuir para comprender
Animateurs : Charles PEPINSTER et Maryanne GODERNIAUX (GBEN)
Durant la dernière demi-heure, quatre groupes ont réfléchi chacun sur un aspect de la démarche.
- Groupe 1 : Ici, aujourd’hui, qu’est-ce que lire ?
- Groupe 2 : Ici, aujourd’hui, comment a-t-on appris une notion mathématique ?
- Groupe 3 : Ici, aujourd’hui, qu’a-t-on appris sur le fonctionnement de la langue espagnole ?
- Groupe 4 : Ici, aujourd’hui, quels ont été les éléments favorables à l’apprentissage de tous ?
Démarche.
(sources : «La lettre en Polonais» du GFEN et une démarche du GEM, Groupe d’Enseignement des Mathématiques de Louvain-la-Neuve )
Pari annoncé : Tous capables de lire et écrire en espagnol (castillan)
( l’atelier ne recevait que des participants ignorant le castillan.)
Chacun reçoit un texte en castillan : Distribuir para comprender avec la consigne : «Lisez».
Recherche individuelle puis en groupes de quatre.
Matériel sur une table : allumettes, cailloux, graines (annexe 1).
Observation : Tous les groupes s’engagent dans l’action et multiplient les arrangements d’allumettes, cailloux, graines dans l’effervescence. Les deux animateurs se gardent d’intervenir mais quand tous les groupes sont dans l’impasse, un dictionnaire abrégé (annexe 2.) est proposé.
Illumination, exaltation ! Le mot-clé «apostar» signifie qu’il faut parier, parier sur le reste après distribution. Tous ont trouvé ! Tous peuvent enfin «jugar»
Mise en commun : Chaque groupe affiche son «cuadro» (tableau de distribution) où l’on voit apparaître les éléments constitutifs de la division ainsi qu’une règle rédigée en «frangnol , espagnol petit-nègre» c’est-à-dire comme un francophone qui habiterait l’espagnol depuis peu et se débrouillerait pour se faire comprendre dans la langue de Cervantès.
Magnifique! Non seulement tous les participants ont décelé la notion mathématique (le reste est toujours inférieur au diviseur et peut être zéro) mais tous ont largement utilisé les éléments pertinents du texte de départ pour inventer un libellé en espagnol, étonnement élaboré.
Conclusions des groupes :
•Lire c’est faire du sens à partir de ce que l’on est et de ce que l’auteur donne comme mots et idées. On s’est trouvé dans la situation d’enfants de chez nous face à un texte en français, difficile à comprendre.
•Apprendre en mathématiques c’est résoudre des problèmes complexes par tâtonnement expérimental, en groupe après recherche individuelle et recours à un matériel.
•Une phase d’écriture, afin de monter à l’abstraction
•L’espagnol ressemble au français dans la structure de la phrase. On sait maintenant des éléments de l’impératif, du futur simple, et du subjonctif présent, l’usage de plusieurs conjonctions, les particularités des articles définis etc.
•L’auto – socio – construction exigeante permet de gagner le pari de départ et donne à chacun un regain d’estime de soi et d’estime pour la solidarité «sans laquelle rien n’aurait été possible». Emancipation solidaire.
Remarque : après trois heures d’espagnol, lorsque tout le monde quitte le local, six participants viennent nous trouver pour savoir comment se dit telle ou telle chose en espagnol… goût d’apprendre.
En est-il ainsi après 50 minutes de cours traditionnel ?
Annexe 1: Material
Fosforos o semillas o pierras
Consignas :
Por favor, tome un puñado de fosforos, al azar, en el monton SIN CONTAR.
En grupo de 3, 4 o 5 … jugadores, apuesten sobre lo que quedara, pues del reparto de los fosforos o semillas o pierras entre los jugadores de manera que tengan el mismo numero.
Después, utilizen un cuadro y juegen seis (por ejemplo) partidos (distribuir uno por uno como con las cartas).
Annexe 2: Diccionario acortado
acortar : écourter, abréger
el residuo : le reste
el numero : le nombre
los fosforos : les allumettes
las semillas : les graines
tomar : prendre
el monton : le tas
el jugador : le joueur
apostar : parier
quedar : rester
el reparto : la distribution
tengan vient de l’infinitif tener : avoir, posséder
el cuadro : le tableau